Selon les eaux claires de mon être

Angèle va sur ses quatre-vingt-cinq printemps. Ancienne violoncelliste,
elle a fait de la forge berrichonne de ses grands parents une maison d'hôtes.
Un soir de septembre, arrive une jeune femme qui vient achever l'écriture
de son mémoire sur l'engagement journalistique de George Sand.
Une curiosité jamais éprouvée jusqu'alors vis à vis d'aucun de ses pensionnaires
s'empare d'Angèle. Une curiosité proche du malaise. Tout, dans la volonté inflexible
que lui renvoie la jeune femme - livrer son corps à la fraîcheur matinale de l'étang,
particulièrement - la touche au plus haut point.
Les attitudes et, au-delà, le mystère qui émane de cette inconnue, troublent Angèle,
et une période de sa vie qu'elle pensait emmurée en quelque zone inviolable
de son passé resurgit alors.
Il règne autour de ces deux femmes, comme un champ magnétique
où gravitent leurs expériences. Leurs traumatismes. A soixante ans de distance.
Leur relation naît et évolue dans la perception commune de la blessure que l'une
et l'autre portent.