La dictée

De retour d'exil après son engagement aux côtés des
insurgés de la Commune de Paris, Paulin Labarthe,
ancien imprimeur épris de liberté et de justice, se réfugie
dans un village perdu au coeur de la campagne française.
Admirant son savoir, Maria, jeune veuve, le supplie
d'apprendre à lire à son fils, Louis. En échange, elle fera
son ménage et s'occupera de son foyer. Un véritable
amour rapproche bientôt ces deux coeurs solitaires.
Quant au jeune Louis, sauvageon inculte qui ne jargonnait
que quelques mots de français, il fait de rapides progrès,
au point d'être admis premier à l'école normale.
«Je veux travailler chez vous, la cuisine aussi, je peux, mieux
que la vieille Caria. Et vous n'aurez pas à payer d'argent.»
M. Labarthe était dépassé par les événements. Quoi ?
Cette fille de la campagne, qui était veuve et avait son fils
à charge, lui offrait ses services gratuits ?
Il se borna à dire :
«Je ne comprends pas très bien.
- J'ai vu, Monsieur, dit Maria dont le visage irradiait
une formidable résolution, j'ai vu que vous savez lire.
Vous apprendrez à mon fils.»