La paix du roi (1180-1328) : paix publique, idéologie, législation et pratique judiciaire de la royauté capétienne de Philippe Auguste à Charles le Bel

La paix du roi (1180-1328) : paix publique, idéologie, législation et pratique judiciaire de la royauté capétienne de Philippe Auguste à Charles le Bel

La paix du roi (1180-1328) : paix publique, idéologie, législation et pratique judiciaire de la royauté capétienne de Philippe Auguste à Charles le Bel
2015ISBN 9782370320629
Format: BrochéLangue : Français

Si le renouveau de la paix royale dans la France médiévale

au XII<sup>ème</sup> siècle est un phénomène bien connu, son essor

aux XIII<sup>ème</sup> et XIV<sup>ème</sup> siècles l'est beaucoup moins. La période

allant du règne de Philippe Auguste à celui de Charles le Bel

- 1180-1328 - est pourtant décisive. Durant celle-ci, à la

faveur d'un contexte très favorable à sa cause, la royauté

parvient à s'ériger en éminente pacificatrice de son royaume,

achevant de substituer la paix du roi à l'ancienne paix de

Dieu. Au cours de cette époque, la couronne s'efforce de

lutter contre trois méfaits considérés comme particulièrement

préjudiciables à la paix : les guerres entre les sujets, les

violences sur les chemins, et les associations illicites. Dans

le combat qu'ils engagent, les rois sont portés par la pensée

des ecclésiastiques, qui leur rappellent sans cesse que leur

devoir est d'oeuvrer pour la tranquillité du royaume. À partir

du milieu du XIII<sup>ème</sup> siècle, cette rhétorique des clercs, nourrie

par l'ancienne tradition carolingienne, est considérablement

confortée et enrichie par la renaissance aristotélicienne.

Inspirés par ces discours édifiants, les Capétiens s'efforcent

de réfréner les tumultes provoqués par les fauteurs de

guerre, les agresseurs qui méfont sur les chemins, et les

régnicoles qui se liguent. À cette fin, ils n'hésitent pas à

agir en législateurs : ils édictent de nombreuses lois, tantôt

locales et tantôt générales, qui condamnent avec fermeté

ces fauteurs de troubles. L'application de ces préceptes se

heurte à de fortes résistances, et la politique royale connaît de

réelles vicissitudes. Néanmoins, l'action menée par la royauté

renforce sa vocation souveraine et porte des fruits concrets.

Les actes de la pratique montrent que les serviteurs de la

couronne entreprennent de nombreuses actions, très souvent

diligentées ex officio , visant à sanctionner les malfaiteurs

ayant violé la légalité royale. Le volontarisme de la couronne

est particulièrement évident contre ceux qui livrent des

guerres, lesquels sont régulièrement condamnés pour leurs

entreprises devant la justice royale. En définitive, en déployant

ainsi tous leurs efforts, les Capétiens parviennent à instaurer

un ordre pacifique sur lequel sauront s'appuyer ensuite leurs

successeurs Valois.

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