Moi aussi : nouvelle

«Çà, çà pour le dessert troussez-moi vostre
cotte...» L'austère Malherbe même succomba
à la tentation de quelques pièces
érotiques et plaisantes, filière poétique des
grecs aux latins qui, en France, des fabliaux
anonymes à Jean Bodel, Garin,
Gautier Le Leu, puis à Rabelais, Ronsard
et La Fontaine... et à tant d'autres encore
- songeons à Verlaine, Apollinaire, Pierre
Louys, Aragon... (peut-on les citer tous ?)
- ne cessa de fructifier pour nous tenir en
santé de l'esprit et du corps, corps de la
langue, corps des femmes et des hommes
d'esprit.
Aujourd'hui, Alain Kewes, qui n'a rien
d'austère, s'inscrit dans cette filiation gaillarde,
aimable, drolatique, bucolique, pétillante,
raffinée et joliment renversante : il
ne veut que nous faire plaisir, et, avouons-le,
ce plaisir-là nous ne le boudons pas.
Michel Host