La lumière et le royaume : essai sur l'oeuvre d'Henri Bosco

Depuis sa parution en 1945, plus de trois millions d'exemplaires
de L'Enfant et la rivière ont été vendus. Autant dire qu'Henri
Bosco n'est pas un auteur inconnu. Mais ce succès l'a enfermé
dans la catégorie des écrivains pour enfants, ce qui ne rend pas
compte de la richesse et de la variété de son oeuvre, pourtant
couronnée par les plus hautes distinctions littéraires. Auteur
d'une trentaine de romans - parmi lesquels L'Âne Culotte,
Le Mas Théotime, Malicroix... -, Bosco a écrit des pages qui
méritent d'être rangées parmi les plus belles de la littérature française.
Gaston Bachelard le tenait pour le «plus grand rêveur de
notre temps». Réel et imaginaire, visible et invisible, rêve et
réalité, tout cela, chez Bosco, est inextricablement mêlé. Comme
Cézanne, en peinture, Bosco était provençal, et, comme Camus,
qui repose comme lui dans le cimetière de Lourmarin, profondément
méditerranéen. Il était imprégné de la lumière - donc de
l'ombre - de ces pays ensoleillés. Quant au royaume, qui donne
son titre à cet essai, c'est peut-être le paradis sur terre, qu'ils ont
perdu, et que, consciemment ou non, tous les héros de Bosco
passent leur existence à quêter...