Le théâtre sous la Révolution : politique du répertoire : 1789-1799

«Tandis que la tragédie rougissait les rues, la bergerie
florissait au théâtre» constatait déjà Chateaubriand. En dépit
de l'intense production dramatique à caractère politique
pendant la décennie révolutionnaire, force est d'y constater la
prédominance de comédies légères et de reprises de pièces
anciennes.
Ce phénomène mérite d'être interrogé afin de mettre en
évidence la façon dont l'Histoire en train de se faire s'inscrit
dans les pièces de théâtre, abordées sous l'angle des créations,
mais aussi des reprises, censurées et réécrites pour les besoins
de la cause. Cette analyse envisage les nouvelles dramaturgies
nées de la conception militante d'un théâtre «école du peuple»
(théâtre de propagande, historique, civique, patriotique ...) ;
mais aussi celles, taxées de «réactionnaires», inspirées par des
attitudes de résistance ou de réticence aux idées et aux idéaux
nouveaux (théâtre contre-révolutionnaire, d'émigration, anti-jacobin...)
; enfin celles, finalement tout aussi politiques,
cherchant dans les mondes imaginaires à éviter de prendre trop
directement position sur les événements révolutionnaires
(utopies, allégories, fééries...).
Cet ouvrage propose également un inventaire des auteurs
anciens et nouveaux les plus joués pendant la Révolution et
étudie, à partir des manuscrits de souffleur et des éditions
caviardées, la nature des transformations subies par les textes
sous la pression des comédiens, des censeurs révolutionnaires
et de l'opinion publique, force politique montante.