Lectures de Garcia Marquez : El otono del patriarca

Lectures de Garcia Marquez : El otono del patriarca

Lectures de Garcia Marquez : El otono del patriarca
2014126 pagesISBN 9782753528741
Format: BrochéLangue : Français

Didact espagnol

Lectures de García Márquez

Dans le cadre de l'un des aspects du programme

(correspondant au programme du cycle terminal en

littérature), le premier aspect traité est la contextualisation historique du personnage du dictateur et de

la dictature (« l'écrivain dans son siècle », pour ce

programme). Le romancier réfléchit à partir d'une réalité

qui apparaît après l'Indépendance, au XIX<sup>e</sup> siècle en

Amérique latine. Il exprime la soif de pouvoir d'ambitieux frustrés, idolâtrés et redoutés à la fois, car ils

prétendent incarner et imposer un ordre nouveau. Les

avatars du modèle iront de Bolivar aux divers dictateurs, des libérateurs qui gèrent un pays comme leur

propriété, ou des réformateurs libéraux, qui feront

naître l'économie moderne mais se comportent parallèlement en tyrans, puis au modèle le plus courant dans

la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle, de simples tyrans

sanguinaires au service de puissant voisin du nord, dont

ils protègent les intérêts, qui font figure de pères du

peuple dont ils sont les bourreaux.

Dans le cadre de « mythes et héros », la réflexion

sur le personnage du dictateur s'élargira au mythe de

la révolution, mythe des sociétés latino-américaines

des années soixante, né du triomphe de la Révolution

cubaine. Le rapprochement doit être fait avec le

triomphe des Barbudos cubains. Dans ce cadre, le

dictateur est bien l'anti héros : valeurs sociales inversées

sous son gouvernement, silence imposé au peuple,

etc. Ici, le héros, c'est le peuple qui envahit le palais

présidentiel.

Du point de vue littéraire, il conviendra d'étudier

l'évolution de la présentation romanesque (avec

quelques allusions à la poésie, trop souvent servile à

l'égard des tyrans - Ruben Dario, et autres thuriféraires

de Manuel Estrada Cabrera, par exemple) de la figure

du dictateur, en soulignant la spécificité du personnage

de Garcia Mérquez. Souligner les phénomènes d'intertextualité permettra de souligner les notions d'« héri-

tages et de ruptures », autre angle d'approche d'une

oeuvre suggéré par le programme ministériel.

Le problème de l'instance narratrice est fondamental. Le texte romanesque traduit l'oralité : le peuple qui

a investi le Palais raconte, chacun

ajoutant ses souvenirs, l'histoire du

Patriarche. On peut en voir le modèle

dans certains passages de La casa

verde de Mario Vargas Llosa, publié

quelques années plus tôt : les habitants d'un quartier rendent compte

de l'histoire de deux personnages

venus s'installer parmi eux.

Le personnage est finalement créé

ici par ces voix qui se succèdent,

dans toute sa complexité, du grand

enfant qui apprend à lire au tyran

sadique qui fait croire à sa mort pour

se débarrasser de ses ennemis.

La prise de parole est une prise

de pouvoir. Le style direct libre est

l'une des techniques d'écriture qui

oppose les paroles insignifiantes

ou cruelles du Patriarche à celles du

peuple.

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