L'année où j'ai appris l'anglais

Chris, dix-huit ans, passe l'année à Cambridge, où il apprend l'anglais. Miraculeusement
réchappé d'un accident de voiture, il saisit son existence à bras le corps pour explorer tous les
possibles qui s'offrent à lui. En bande-son de cette quête intense, Rock Around the Clock -
l'horloge qui tourne, la diabolique fuite du temps.
C'est l'âge des amitiés fondatrices : Mike, le talentueux compositeur de protest songs ,
Simon l'amateur de voitures anciennes, Barbara la tigresse, Harry le fragile colosse, Suliman
jailli du désert saoudien, tous vibrent en écoutant les Beatles, les Stones ou les Creams, au
hasard des pubs , des folk blues clubs , des salles de cinéma où l'on échange des baisers
brûlants, et des bals pop du mois de mai. Au printemps 1968, ils ne connaîtront rien des
émeutes en France, leur révolution est ailleurs, intime, musicale.
Toute cette bande, réunie par la magie d'une langue étrangère, le génie d'un lieu et le jeu
des illusions adolescentes, Chris sait qu'il ne l'oubliera jamais.
Car c'est aussi le temps des amours qui se cherchent. Sans même en avoir conscience, Chris
s'éprend de Maybelene, dix-sept ans, découvre peu à peu le désir partagé, veut croire à
l'absolu de la passion.
Derrière la souriante légèreté du propos se joue un drame universel, doux et amer : la perte
de l'enfance et le passage à l'âge adulte. Sous la plume de l'auteur, ces instants d'éternité et
d'exaltation mêlés de mélancolie resurgissent avec une grâce désinvolte mais
minutieusement restituée, dans l'Angleterre des sixties , au rythme d'une musique très
personnelle.