Sous le regard de la Joconde : Léonard de Vinci

Léonard de Vinci et La Joconde forment un des couples les plus populaires
du monde de l'art ; le maître, peintre dont le génie est universellement
reconnu, se double d'un scientifique également de tout premier
ordre. Il est naturel qu'un tel homme se soit posé des questions sur la
fonction visuelle et le mode de perception de ses oeuvres par le spectateur.
Léonard est un pionnier du passage d'une théorie visuelle centrifuge
(dans la vision, une partie de l'âme sort de l'oeil pour aller palper
les objets à voir) à une théorie centripète (dans la vision, une structure
représentant l'objet à voir pénètre dans l'oeil). Ce changement de
concept va révolutionner les mondes scientifiques et artistiques. Le
bouleversement que ce paradigme opérera dans la technique picturale a
comme support pratique les peintures de Léonard, et surtout sa célèbre
Joconde.
À Amboise, à la fin de sa vie, Léonard citait un ouvrage qu'il avait
rédigé sur l'optique de son temps qui aurait été perdu lors de son déménagement
d'Italie ; fable ou réalité, comment résister au plaisir de jouer
au détective amateur qui retrouve un manuscrit perdu ?
C'est Léonard lui-même qui, profitant de mon sommeil, a dicté ce
texte, ultime document écrit de cette main de gaucher contrarié.