Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui : colloque international, 26 août-2 septembre 2013

Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui : colloque international, 26 août-2 septembre 2013

Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui : colloque international, 26 août-2 septembre 2013
Éditeur: Corti
2014578 pagesISBN 9782714311344
Format: BrochéLangue : Français

A Cerisy-la Salle, en août 2013, la décade consacrée à l'oeuvre poétique de

Philippe Beck a marqué, révélant la force générale d'un chant en devenir (ainsi

du «Projet Merlin»). La pensée de la poésie maintenue en sa nécessité politique

(Benoît Casas, Tristan Hordé), un agencement sensible s'est ouvert à l'interprétation

(Tim Trzaskalik). Des manières de lire ont approché une rédification ,

une réfection objective et «plus que lisible» (Jean-Luc Steinmetz), une

poésie qui démontre une "confiance dans la poésie" (Gérard Tessier) et fait

apparaître la matière de la langue même (Annie Guillon-Lévy, et Jean-Luc

Nancy à propos de l'«Ouverture» des Chants populaires ). S'est confirmée

l'hypothèse d'une poétique qui, issue des rythmes anciens, relance l'oreille

expérimentalement, capte le monde et le «compromet» (Judith Balso), "clairon"

plutôt que "berceuse". En l'absence si présente de Jean Bollack, qui sut

voir en Beck un poète majeur, s'est peu à peu déplacée une interprétation en

termes étroitement post-célaniens. Alain Badiou a pu conditionner la réouverture

d'un «Âge des poètes» au «post-célanisme conséquent» de Beck, démontrant

d'ailleurs la force politique de la «fable politique» beckienne. D'autres

ont dévoilé des aspects singuliers de la poétique : le "dur" et le "rude" dans la

diction (Martin Rueff), l'érudition moderne (Rémi Bouthonnier), la «décision

du vers» (Stéphane Baquey), la critique du post-romantisme, les proses

(Tiphaine Samoyault), l'adieu au prosimètre dans l'expression de la «Poésie-Moïse»,

la tradition et le renouveau du langage (Béatrice Bonhomme, Yves di

Manno), la dramaturgie du poème (Isabelle Barbéris, Jérémie Majorel), le croisement

des arts (Isabelle Garron, Gérard Pesson, Marcelo Jacques de Moraes),

la contrainte sentimentale schillérienne (Jacques Rancière), la figure de l'impersonnage

"garant" de la parole (Natacha Michel) dans la «chambre ouverte

du poème» (Guillaume Artous-Bouvet), le coeur maintenu après la fin du lyrisme

subjectif (Antonio Rodriguez), la figure animale, à la fois allégorique et littérale

(Pierre Ouellet), «l'antipathie» (Xavier Person) dans le «système des

personnages» (Paul Échinard-Garin), la méthode «didactique» du "regret du

futur" après Brecht (Günter Krause)... Les réflexions suscitées par «le geste

rebelle» qui «manquait depuis les Illuminations » (Jacqueline Risset) sont

désormais engagées au terrain solide, dialogique et interdisciplinaire, des chercheurs

et des créateurs.

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