Les agences de l'eau : entre recentralisation et décentralisation

La tentative de refonte de la loi sur l'eau a échoué à l'issue
d'une longue concertation de quatre années, un second projet de
loi est en préparation. C'est dans ce contexte que l'auteur tente
d'éclairer les pistes à suivre.
Les agences de l'eau, chargées de la gestion de la politique de
l'eau en France sont dotées d'un territoire propre et d'une
autonomie financière presque totale dont l'exercice est partagé au
sein d'instances représentatives de l'ensemble des usagers.
La récente transposition de la directive-cadre européenne sur
l'eau conforte ce mode de gestion participatif et décentralisé par
bassin versant.
Toutefois, la réforme du dispositif apparaît difficile à mettre en
oeuvre en raison de l'ambiguïté du statut des agences ; le système
des redevances n'étant pas conforme à la Constitution.
Or, le mécanisme décentralisé de gestion de l'eau est si
dépendant de son autonomie financière, qu'il semble impossible de
réformer les redevances sans mettre en péril l'existence même du
dispositif des agences.
Faut-il «recentraliser» les agences de l'eau aux fins de
cohérence du tissu institutionnel, ou, au contraire, l'appareil
décentralisé s'avérant adapté, faut-il plutôt poursuivre la
décentralisation de la gestion de l'eau dans le cadre du
développement durable et de la gouvernance locale prônés par la
directive-cadre ?
L'avenir de la politique de l'eau et des agences en France se
joue à la croisée de ces chemins, entre recentralisation et
décentralisation...