Droit civil : la famille : 2011

Depuis un demi-siècle, le droit français de la famille
est, de tous côtés, affecté par le changement. Le droit civil
en atteste : tutelle et administration légale, régimes matrimoniaux,
autorité parentale, filiation, divorce et, dès l'aube
du XXI<sup>e</sup> siècle, successions, filiation et divorce à nouveau, etc.
Dans un premier temps du moins, Jean Carbonnier avait
préféré ne pas traiter du mariage. Celui-ci était pourtant
concerné par cet environnement rénovateur marqué par une
contractualisation fort sensible du droit de la famille. Indirectement, mais
certainement, l'admission du pacte civil de solidarité conduisit à repenser,
bien plus qu'au temps de la seule union libre, la prise en considération des
formes nouvelles de la conjugalité hors mariage, ouvertes aux homosexuels
ainsi qu'aux hétérosexuels.
Dans le même temps, une certaine disjonction s'est produite dans la relation
entre parents et enfants, notamment, à tort ou à raison, à la suite du divorce.
Filiation et autorité parentale se sont ainsi progressivement émancipées du
mariage, pour se recentrer sur la relation interindividuelle que chaque parent
noue avec son enfant, sous la pression constante, et non dénuée d'ambiguïté,
de l'intérêt de l'enfant.
Mariage, démariage, remariage, pacs, familles décomposées puis recomposées,
familles monoparentales... Notre temps est devenu celui de l'enfant, désiré,
partagé, voire maltraité, et celui du couple, éphémère ou durable, au gré des
sentiments, des convictions, des joies et difficultés de l'existence.