Du tsar à l'empereur, Moscou-Saint-Pétersbourg : exposition, Bruxelles, Palais des beaux-arts, 11 oct. 2005-22 janv. 2006

Du Tsar à l'Empereur
Mieux qu'aucun autre moyen, les oeuvres d'art permettent de mesurer l'évolution radicale d'un pays passant de la servitude à l'ouverture sur le monde. Une prestigieuse évocation du Grand Novgorod, la plus ancienne ville de Russie, rappelle comment s'est formée l'ancienne Moscovie jusqu'à l'avènement, en 1547, du premier tsar : Ivan IV, dit le Terrible. La représentation de ce temps n'existe qu'à travers l'expression religieuse qui domine alors la vie du peuple, comme le montrent d'admirables icônes et des objets de culte. Les objets profanes travaillés dans des métaux précieux vont exprimer ensuite le pouvoir du souverain et raconter l'avènement de l'unité et de la puissance de la Russie. Après l'élection contestée de Boris Godounov et le Temps des Troubles, au cours duquel se succèdent souverains et faux souverains, le calme revient dans le pays avec l'élection, en 1613, de Michel, le premier tsar de la dynastie des Romanov qui règnera plus de trois cents ans.
Le siècle d'or de Moscou voit l'épanouissement d'un art raffiné et montre que pour certains, l'ouverture vers l'Occident s'est déjà faite.
Mais bien vite, en 1703, une ville nouvelle sort de terre et devient port de guerre et port de commerce, par la seule volonté de Pierre le Grand qui décide de faire de Saint-Pétersbourg sa capitale. Autodidacte, scientifique, archéologue, bâtisseur, admirateur de la vie hollandaise, sa préoccupation sera l'ouverture sur l'Europe qu'il sait indispensable pour la Russie. Ses successeurs, sa fille Élisabeth, puis Catherine II, donneront à la ville son visage définitif de grande capitale européenne.