Shakespeare et l'architecture : nouvelles inventions pour bien bâtir et bien jouer

Encore mal connue, longtemps déconsidérée, l'architecture de l'époque élisabéthaine (ce terme désignant, au sens large, la période allant environ de 1560 à 1620) s'inscrit dans un contexte général (arts, sciences, politique, morale, arts du spectacle, rhétorique, etc.) gouverné par des concepts architectoniques. Mais, contrairement à la Renaissance italienne, la Renaissance anglaise est marquée par l'ambivalence et l'oscillation entre des pôles apparemment antithétiques (classicisme et style vernaculaire, norme et écart, ordre et tentation du chaos...). À travers l'analyse de quelques pièces de Shakespeare, cette étude se propose d'examiner les liens unissant son théâtre à cette architecture si particulière. En questionnant les idéaux humanistes, Shakespeare pose sans cesse la question de la forme sans jamais prétendre y répondre mais en proposant une multitude de points de vue qui, par la force de son génie poétique, font naître la vision d'une architecture de la mouvance et de l'oscillation.