L'autre mondialisation

Avec l'ouverture des frontières, la télévision, la démocratisation
des voyages et plus récemment Internet, le monde se serait mué
en un gigantesque «village». C'est, du moins, ce que veulent
faire croire les puissantes industries de la communication : nous
serions tous «citoyens du monde», multi-branchés, capables
d'assimiler les héritages les plus divers, bricolant dans la bonne
humeur une sorte de culture mondialisée.
Rien de plus vain que cette prétention cosmopolite. Pour
affronter un monde toujours plus ouvert, et donc plus incertain,
il faut au contraire être confiant dans son identité, prêt à se
confronter à d'autres valeurs. Ce n'est pas parce que l'Autre est
aujourd'hui plus accessible qu'il est plus compréhensible, c'est
même précisément l'inverse. Plus nos différences sont visibles,
plus elles créent des tensions. Curieusement, alors qu'on ausculte
à la loupe la mondialisation économique, on oublie de penser
cette «autre mondialisation» dont dépendent pourtant la
paix et la guerre de demain.
À quelles conditions, donc, organiser au niveau mondial une
cohabitation des cultures ? C'est la question centrale de ce
livre et, pour Dominique Wolton, l'un des principaux enjeux
politiques d'aujourd'hui.