Rafales et arcs-en-ciel. Vol. 1. L'enfer, c'est fini, plus jamais ça

En 1914, il était difficile pour Juliette la jolie modiste de prédire que son destin serait à jamais attaché aux affres et incertitudes de la guerre. Les combats, l'horreur des tranchées, les décisions univoques de l'état major, puis enfin l'armistice auront une première fois raison des amours de la jeune femme, avant de la projeter vers un second conflit. Mais dans le matin clair de l'après-guerre, l'espoir demeure, guidé par l'explosion de l'expression artistique d'un monde en reconstruction.
« Sarajevo ! Sarajevo ! À la une de tous les journaux, le monde ignorant de la géographie allait apprendre, au fil des jours, une leçon de géopolitique pour en suivre le cours. Sur les trottoirs des rues des capitales européennes, brandissant leurs papiers, les petits vendeurs de journaux s'époumonaient. Ils criaient, en séparant bien les syllabes, le nom d'une ville inconnue où venait de se dérouler un drame. Les passants interpellés ralentissant leurs pas, n'entendaient plus qu'un seul mot, comme en un écho : guerre, guerre. Pour en savoir davantage, les plus curieux achèteraient un journal.
Émile, apprenant la nouvelle, s'était précipité, coeur battant, au Café du Commerce. Attendu par ses amis, pour participer à leur partie de billard quotidienne, arrosée en fin de parcours d'une anisette bien tassée, il tenait en mains un exemplaire du journal portant ce titre tonitruant : Sarajevo, la guerre à notre porte.
Que s'était-il passé ? »