Archéologie médiévale en France : le premier Moyen Age (Ve-XIe siècle)

Mal connu, le premier Moyen Âge s'étend de la fin
de l'Empire romain au Moyen Âge classique. Sur ces
sept siècles - du V<sup>e</sup> au XI<sup>e</sup> -, les clichés sont légion,
des «invasions barbares» avec leurs lots de
dévastations jusqu'aux pittoresques «rois fainéants»,
car nos connaissances n'ont longtemps reposé que
sur des textes rares ou partiaux.
Depuis les années 1990, l'archéologie a renouvelé nos
connaissances grâce aux fouilles préventives, qui ont
permis d'étudier paysages et habitats sur de vastes
surfaces. Il s'en dégage une autre image du premier
Moyen Âge. Là où l'on voyait une désertion des
campagnes, on trouve un espace rural dynamique
et une grande diversité d'habitats. À la place
d'un brutal effondrement se dessine l'intégration
d'étrangers aspirant à vivre dans l'Empire déclinant.
Dans ce contexte de fusion d'héritages culturels
et d'apports nouveaux, le christianisme suscite
une restructuration de l'espace urbain, il bouleverse
également les pratiques funéraires.
Mérovingiens puis Carolingiens voient l'avènement
d'un monde nouveau, dont l'archéologie révèle des
pans entiers jusque-là ignorés. Émergent ainsi de ces
«âges sombres» des maisons en terre et en bois
dont l'archéologie retrouve la trace ténue, des
habitats privilégiés, une agriculture dynamique dans
des paysages ceints d'enclos, l'exploitation de la forêt,
des pratiques d'élevage diversifiées, des rivières
aménagées, de riches techniques artisanales...
À côté de monuments emblématiques du pouvoir
et de quelques trésors insignes, on voit apparaître
des vaisselles de qualité, des outils, des accessoires
vestimentaires, des monnaies, des bateaux, des églises
rurales et des villes nouvelles.