Revue du MAUSS, n° 43. Du convivialisme comme volonté et comme espérance

Du convivialisme comme volonté et comme espérance
En juin 2013 paraissait un petit
livre intitulé Manifeste convivialiste. Déclaration d'interdépendance . Signé par
64 intellectuels français ou étrangers (rejoints
par une cinquantaine d'autres), il a déjà été
traduit, au moins sous sa forme abrégée, dans
une dizaine de langues. Sa parution montre
qu'il est possible de surmonter les clivages
trop nombreux, qui condamnent à l'impuissance
tous ceux qui s'opposent pratiquement
ou/et intellectuellement au règne du capitalisme rentier et spéculatif.
Qu'est-ce qui réunit ces auteurs d'inspirations
idéologiques très variées ? Trois certitudes au moins : 1) qu'il y a urgence à mettre
en avant et à expliciter tout ce qui unit plutôt
que ce qui sépare ; 2) que nous ne pouvons
plus espérer faire reposer l'adhésion à la
démocratie sur de forts taux de croissance du
PIB, devenus improbables ou délétères ; 3) que
notre défi principal n'est pas tant d'imaginer
des solutions techniques, économiques et
écologiques à la crise, que d'élaborer une
nouvelle pensée du politique au-delà du libéralisme,
du socialisme, de l'anarchisme et du
communisme. Il s'agit, en somme, de faire
renaître l'espérance pour qu'elle puisse
nourrir la volonté.