Marie Stuart : reine d'Ecosse

Comment se fait-il que Marie Stuart ait, à ce point,
émerveillé les esprits et enchanté les imaginations ?
D'abord parce qu'elle était belle : «Arrivant en France sur
les quinze ans, sa beauté commença à paraître comme
la lumière en plein beau monde» écrit Brantôme. Et du
Bellay surenchérit : «Contentez-vous, mes yeux, vous ne
verrez jamais chose plus belle.» Sa destinée autant que
sa beauté émeuvent.
Elle a été reine de France et d'Écosse et aurait pu porter
le titre de reine d'Angleterre. C'est son illustre ascendance
qui en fit la rivale de cette autre reine d'Angleterre qu'était
Élisabeth qui la fit condamner à mort. Elle a toujours
joui d'un bonheur trouble et agité. Veuve du jeune roi de
France, François II, elle regagne son Écosse natale pour
épouser son cousin qui portait aussi le nom de Stuart, dont
elle eut un fils, Jacques I<sup>er</sup>. Cela lui permettra de donner à
l'Angleterre une nouvelle dynastie et plusieurs rois.
Elle avait beaucoup de qualités. Mais il lui en manquait
une pour être une femme d'État : le recul, la capacité
de réagir avec calme, au second degré, en véritable
tacticienne. Galante, elle le fut à sa façon. Mais elle n'était
pas faite pour tenir seule la barre d'un royaume : c'était
son seuil d'incompétence. Elle paya tragiquement la
légèreté de son caractère comme on le découvre dans ce
livre palpitant dont les épisodes sont remarquablement
racontés par Monsieur de Marlès, auteur renommé, il y a
presque un siècle.