Les Etats de Béarn, depuis leurs origines jusqu'au commencement du XVIe siècle

On entend par États provinciaux la réunion des trois ordres
d'une province en assemblée régulièrement constituée, périodiquement
convoquée, et possédant certaines attributions politiques
et administratives dont la principale est le vote de
l'impôt. Cette institution correspond à un état social et politique
déterminé et n'apparaît dans les diverses provinces qu'à une
époque précise de leur histoire et de leur développement. Pour
que des assemblées d'États aient pu être constituées et avoir
une part dans le gouvernement et l'administration d'une province
ou d'une seigneurie, il a fallu que, par suite du progrès
des moeurs et des institutions, les diverses classes de la société
aient acquis assez d'importance pour que leur concours ait paru
utile, nécessaire même, au souverain dans des circonstances
difficiles ; il a fallu en outre qu'en échange de l'appui prêté au
souverain, les sujets aient obtenu certains droits et une part
plus ou moins grande dans l'administration. Or il est arrivé, à
un moment donné de l'époque féodale, que les revenus que le
seigneur tirait des droits féodaux et des divers cens et redevances
perçus dans l'étendue de son fief n'ont plus été suffisants
pour faire face aux dépenses nécessitées par le progrès des
moeurs et de la civilisation. C'est ce qui s'est passé dans le
royaume de France ; l'évolution qui s'est accomplie dans le domaine
royal a dû se produire dans les grands fiefs et dans les
provinces où le seigneur avait conservé quelque indépendance.
Pour protéger ses domaines contre l'ambition du suzerain ou de
ses voisins, le seigneur a dû lutter sans cesse ; pour soutenir ces
luttes continuelles, il a dû recourir à ses vassaux, leur demander
des aides extraordinaires, qui ne pouvaient être levées sans
leur consentement et qui n'ont été accordées qu'en échange de
certains droits.