Fond de troisième oeil

Plusieurs signes ont témoigné ces dernières années de la reconnaissance
à laquelle accède enfin l'oeuvre éclairée de Matthieu
Messagier : réédition de ses premiers livres, publication d'essais et
de dossiers consacrés à son travail - sans parler du film de Nicola
Sornaga : Le Dernier des immobiles , qui offre le spectacle paradoxal
d'un poète parvenant à tenir son propre rôle devant la caméra, tout
en restant cet Autre dont l'écriture seule incarne le nom.
Fond de troisième oeil est le premier livre majeur à paraître depuis
ce nouvel élan que connaît sa création. D'une Ode à l'indolore
à Artifices.com , en passant par Le Tombeau de Cymbale et La
Femelle du train , on y retrouvera tous les registres de sa poésie, d'un
surréalisme profondément revivifié à un art de la formule et de
l'absurde, qui en font l'héritier désinvolte de Jarry ou d'Arthur Cravan.
Neuf «idéographes» viennent par ailleurs enrichir ce volume, comme
autant d'enluminures verbales dans ces paysages du dedans.