Chroniques du pays réel des sages, n° 12. Jupiter, monarque du grand oeuvre

Nous ne le dirons jamais assez : notre Mère-Nature se garde et se gardera toujours elle-même de toutes sortes de vautours, anguilles et belettes qui voudront la pénétrer par effraction et spolier ses richesses réservées aux Tout-Petits. C'est la raison pour laquelle il n'y aura, en réalité, que les esprits studieux, humbles et charitables qui seront « dotés » de cette illumination en la Nature et pourvus gratuitement des authentiques Clefs ; que les coeurs doux, aimants et repentants qui recevront des yeux pour voir et suivront ainsi sans faillir le Fil avec lequel cet ouvrage est lui-même tissé, ainsi que des oreilles pour entendre les trompettes de la Miséricorde : autrement dit la Couleur stridente de cette Parole dissimulée des Maîtres et des Adeptes, le Verbum dimissum de la Nature céleste et qui sauront en jouir.
C'est à ces âmes bien nées et persévérantes que cette Voix angélique et prophétique, qui nous a tout donné et que nous avons nous-même tant promue, cet Esprit du Verbe , de Vie ou de Mercure pour ne point le nommer aujourd'hui, se rendra manifeste, audible, palpable, pondérable et odoriférant. Car c'est lui qui les conduira à travers la Voie directe, dite universelle, ou les voies subalternes, sans qu'aucune n'ait à souffrir des innombrables labyrinthes et fondrières que les Anciens ont spécialement agencés et creusés, au coeur du Sanctuaire de la Nature et aux pieds de ses trésors.