Sonnets votifs, ex-voto érotiques. Sonetos votivos, exvotos eroticos

Tomás Segovia a très tôt attiré l'attention par sa façon d'aborder
une thématique gênante pour la poésie en langue espagnole :
l'érotisme. Non seulement parce qu'il le faisait d'une manière
subtile, sans la misogynie en usage, au-delà du lieu commun
et de la provocation, mais parce qu'il le faisait de l'intérieur
même du langage, en incarnant l'expérience dans des mots.
L'amour - ou l'une de ses particularités : l'érotisme - peut parfaitement constituer un
axe thématique servant à saisir sa poésie lyrique, à l'ordonner, à composer des anthologies.
C'est l'objet de ce livre, un sommet de la poésie amoureuse contemporaine.
Dans les années 1970, les vingt premiers sonnets furent traduits en décasyllabes par
Jean-Jacques Pécassou et en alexandrins par Louis Panabière, tous deux amis du poète.
Le projet de publication n'ayant pu se concrétiser, Tomás Segovia confia en 2010
à Bernard Sicot et à Thomas Barège la traduction des trente sonnets suivants dans les
mètres choisis par les premiers traducteurs. Au regard des hendécasyllabes originaux,
cette poursuite de l'exercice de double traduction, conforme aux voeux de l'auteur,
conserve à l'entreprise initiale son triple aspect, technique, ludique et poétique.