Le mortifiement de vaine plaisance

Le Mortifiement de Vaine Plaisance , «la mortification du plaisir
vain» : titre austère, qui s'accorde mal avec l'idée qu'on se fait
du «bon roi René» (1409-1480). Une vie où les épreuves n'ont
pas manqué et une dévotion profonde expliquent pourtant qu'il
ait composé en 1455 cet âpre et saisissant traité de spiritualité
entre le Livre des Tournois et le Livre du Coeur d'Amour Épris.
Mais plus encore qu'un écrivain, René est un protecteur passionné
des arts, au goût éclairé et sûr. Il veille avec soin à la réalisation
des manuscrits somptueux qui conservent ses ouvrages et
confie leur illustration aux peintres les plus doués et les plus
novateurs de son temps. Le plus remarquable, le génial «Maître
du Coeur», identifié aujourd'hui à Barthélémy d'Eyck, a inspiré
les miniatures de plusieurs copies du Mortifiement , en particulier
celles de l'admirable manuscrit de la collection Bodmer, qui ont
sans doute été exécutées par Jean Colombe.