Les controverses du travail social en France et en Allemagne : par-delà les idées reçues

Repoussoir pour certains, modèle pour d'autres, l'Allemagne concentre les
regards depuis plusieurs années. On aura bien sûr entendu parler du «modèle
social allemand» au coeur duquel semble régner la recherche de consensus. On
aura envié l'insolente prospérité de l'Allemagne dans la crise mondiale. On aura
cependant déploré que cette prospérité se fasse au détriment des travailleurs
pauvres symbolisés par les «jobs à un euro». On aura enfin critiqué le modèle
familial allemand qui peine à laisser une place aux femmes sur le marché du
travail et à assurer une natalité suffisante au renouvellement des générations.
Mais connaît-on réellement les transformations fondamentales de ce modèle
social allemand depuis les années Schröder ? En Allemagne, que savons-nous
de l'impact de la politique familiale allemande sur la protection de l'enfance ou
des principes de la prévention spécialisée ? Peu de chose, et cela est d'autant
plus dommageable que les évolutions parallèles des modèles sociaux français et
allemands sont loin d'être aussi divergents qu'on le croit. La comparaison entre
la France et l'Allemagne est un réservoir inépuisable de questionnements des
bonnes pratiques que seuls une langue et un fleuve entravent. Notre défi dans
cet ouvrage est d'établir une passerelle entre ces deux rives et d'interroger les
théories et les pratiques du travail social à l'oeuvre dans chacun de ces pays.