Galops de nuages sous la lune

Il y a bien longtemps, dans un vieux livre de lecture, un écrivain, un poète plutôt, Nerval ou Lamartine, fouillant dans ses souvenirs racontait qu'il avait l'habitude de confectionner avec les cheveux d'une vieille tante et un brin d'osier une sorte de harpe qui chantait quand on l'offrait au vent ; ses sœurs et lui appelaient ce chant «la musique des anges». Est-ce le titre de quelques nouvelles : «La lune perd une plûme, La ronde des couleurs, Les ailes d'anges» ou l'atmosphère très particulière qui s'en dégage, mais elles ont réveillé en moi ce souvenir de lecture enfantine.
«Je chiffonne souvent un vieux mouchoir de soie et vais avec tendresse vers une vieille cave qui n'appartient qu'à moi. J'y ai tous mes secrets et tous mes souvenirs».
Geneviève Maurin nous en offre quelques uns, faisant revivre en nous la terrible douceur et la sauvage innocence de l'enfance.
Cabrioles ou fariboles, ces quelques pages aux saveurs douces-amères nous entraînent dans un galop de nuages où tout mensonge est un aveu...
Avant que la télé ne nous fasse tout oublier, explorons avec elle ce monde fragile qui se cache - et se protège parfois - dans les greniers, les caves ou tout bonnement, dans nos mémoires.