Jean-Jacques Surian : de l'anecdote à l'universel, 1960-2011

Au départ, je voyais en Surian un artiste doué et
imaginatif, mais sa peinture contrariait mes goûts
abstraits très Supports-Surfaces et très minimalisme (on
était dans les années 1970).
Mon estime est devenue de l'enthousiasme quand Surian
est entré sans hésitation dans la grande peinture avec ce
que je ne trouve pas mieux à appeler que ses «légendes
marseillaises» des années 1980 et 1990.
Surian a alors remarquablement enrichi et élargi sa vision.
Il a compliqué et approfondi sa peinture sans rien abandonner,
tout au contraire, de son ancrage local pittoresque. Il a pleinement
assumé la narration et la représentation. Au passage on
se souviendra opportunément que le «pittoresque», notion
introduite au XVIII<sup>ème</sup> siècle, désigne explicitement la qualité
de ce qui est pictural, y compris du point de vue de l'objet
représenté.