Geneviève Mallarmé-Bonniot

J'étais encore enfant lorsque j'ai pris concience que,
pendant les vacances, j'habitais une demeure qui avait
une histoire : un poète dont le nom était déjà universellement
connu y avait vécu, il s'appelait Stéphane Mallarmé.
J'ai aimé le poète, son ombre planait, mais je ne pouvais
pas comprendre sa poésie.
Plus tard, je revenais sur les lieux de mon enfance. Le
vieux gîte attendait dans un décor immortalisé depuis
des lustres. Les fenêtres s'ouvraient sur la rivière, la
grâce des choses fanées auréolait les délicats bibelots ;
pieux souvenirs, ils sont du cénacle les survivants.
La correspondance de Mallarmé et des siens a été
conservée intégralement. Des chercheurs ont exploité de
nombreuses lettres pour que grandisse le nom de Stéphane
Mallarmé.
Afin que perdure la tradition familiale, j'ai souhaité,
à l'aide de documents originaux, faire mieux connaître
celle qui avait consacré sa vie à l'un de nos plus grands
poètes.
M.-Th. Stanislas