Traversées, histoires et mythes de Djibouti

Les textes réunis dans ce numéro ont fait l'objet de communications
dans le cadre des «Journées scientifiques» de l'Université de Djibouti
en février 2010. Ils ont été complétés par d'autres contributions centrées
sur l'histoire de Djibouti et de la Corne de l'Afrique. Cette région
est encore peu connue et beaucoup de zones d'ombre de son histoire
subsistent. Tel est le cas du secteur bancaire dont les archives viennent
seulement d'être ouvertes et qui fait ainsi l'objet de l'article de Colette
Dubois. La contribution de Simone Imbert-Vier part de documents inédits
concernant la Côte française des Somalis pour retrouver des pièces
illustrant les débuts de la ville de Djibouti. La réflexion d'Adawa
Hassan Ali vient en complément, pour mettre en évidence comment les
groupements humains vivant sur le territoire ont influé sur la carte de
l'urbanisme et se sont amplifiés au fur et à mesure du développement
économique de Djiboutiville.
Michel Tuchscherer invite à explorer ce qu'il considère comme le
berceau de la consommation du café et aussi de la domestication du
caféier. C'est là que croît à l'état naturel l'espèce coffea arabica , à l'origine
de toutes les variétés de cette espèce cultivées aujourd'hui. Le café
a été un vecteur essentiel dans l'intégration des pays riverains du sud
de la mer Rouge et du Golfe d'Aden. La contribution de Sagal Mohamed
Djama explore de son côté une pratique traditionnelle qui demeure
essentielle dans la société moderne, à savoir le rôle et la fonction d'un
chef traditionnel dans la représentation symbolique du monde des
Somali-issa.
La seconde partie des textes étudie les interactions entre l'histoire
et les mythes. Le premier exemple se rapporte au mythe de Caroweelo
dans la culture somali. Abdirachid Mohamed Ismaël apporte des éléments
d'ordre historique, anthropologique et linguistique qui permettent
de sortir ce personnage de la fantasmagorie nébuleuse dans lequel il a
été enfermé pendant des générations. Hibo Moumin, quant à elle, prend
le versant opposé, celui du traitement littéraire de ce personnage, en
partant des textes d'Abdourahman A. Waberi, d'Ali Moussa Iye et enfin
d'Omar Ali Youssouf. L'article de Djama Saïd Ared qui clôt ce numéro
s'étend sur la condition des femmes, telle qu'elle est rapportée dans la
littérature djiboutienne d'expression française.