Populisme : vieilles pratiques, nouveaux visages

Voilà près de vingt ans maintenant que la plupart des pays du Vieux Continent ont vu ressurgir en leur
sein des discours politiques remettant en cause la représentativité démocratique, diabolisant
l'immigration et rejetant, sur des bases nationalistes, toute construction européenne. Les leaders
souvent charismatiques qui les diffusent dans l'espace public prétendent sentir ce que le
«peuple» - mythifié pour l'occasion - souhaite d'instinct. S'agit-il d'un nouveau visage de
l'extrême droite ou d'une simple instrumentalisation du désarroi de populations précarisées ?
Questions, parmi d'autres, que doit se poser notre société face à ces populismes aux recettes
outrageusement simplificatrices et toujours démagogiques.
Le phénomène n'est certes pas neuf. De Boulanger à Le Pen, en passant notamment par
Degrelle, Peròn et Poujade, et jusqu'aux télépopulistes actuels, l'Histoire n'a jamais été
avare de ce genre d'aventuriers ou apprentis-chefs. Raison pour laquelle l'auteur
s'emploie d'abord à mettre ces poussées de fièvre en perspective. Il esquisse ensuite,
pour aujourd'hui, un état des lieux de la question, non sans montrer qu'une certaine
gauche de la gauche entend depuis peu se réapproprier le concept polysémique de
«populisme» pour lui instiller la dimension progressiste de ses origines.
Conscient de ce que le vernis d'humanité est plus mince qu'il n'y paraît en
général, il appelle enfin tous les démocrates à un nécessaire devoir de
vigilance citoyenne.