L'information et la mer dans le monde antique

L'information, du point de vue de la circulation
des nouvelles, a été peu étudiée
en histoire ancienne. C'est sa rareté qui
frappe au premier abord, bien que celle-ci
varie beaucoup selon l'échelle envisagée.
À longue distance, l'information est
l'exception, alors que les nouvelles
locales et micro régionales forment une
trame plus dense. Le présent ouvrage
traite des lieux, des formes, des vecteurs
de la diffusion des nouvelles. Les messagers
appartiennent à la sphère de l'élite,
car leurs commentaires oraux, réservés
au destinataire, sont essentiels. Les marchands
forment pour leur part des
réseaux distincts, transmettant surtout
des informations d'ordre économique
ou privé.
Les transports maritimes antiques étant
moins chers et souvent plus rapides, on
pouvait être tenté de croire qu'ils avaient
la primauté sur la route dans la diffusion
des nouvelles. Mais les études ici
présentées aboutissent à une vision plus
nuancée. L'absence, dans l'Empire
romain, d'un cursus publicus maritime
est significative : le voyage par mer est
aléatoire dans sa durée, et il n'est pas
moins périlleux que le trajet par terre.
Les nouvelles officielles passaient probablement
plutôt par la route, tandis
que les nouvelles commerciales se propageaient
davantage par la mer. Mais
beaucoup de trajets étaient mixtes, mer
et routes concourant à la transmission
d'une information dont on appréciait
moins la rapidité que la fiabilité.