Politique africaine, n° 115. Fin de règne au Gabon

Le décès, en juin 2009, d'Omar Bongo Odimba, doyen des chefs d'État
du continent, semblait marquer un changement d'époque en Afrique
centrale. Les rivalités entre successeurs potentiels, l'éclatement des
divisions au sein du parti au pouvoir et les critiques croissantes de
l'héritage du «bongoïsme» ont fait naître l'espoir d'une première
alternance au Gabon dans une atmosphère de fin de règne. Pourtant,
au sortir des élections contestées d'août 2009, le corps politique d'Omar
Bongo a pu poursuivre son règne dans celui de son fils Ali. L'alchimie
gabonaise de la «rupture dans la continuité» reproduit ainsi un
système qui se donne à voir comme une «dystopie tropicale». Ce dossier
donne des clés pour comprendre le fonctionnement de ce système, tout
en explorant les mobilisations populaires qui le menacent. Il propose une
réflexion sur le spectacle de la campagne électorale, la reproduction
oligarchique des élites et l'émergence de nouveaux acteurs de la société
civile dans l'épineuse «affaire des biens mal acquis». Par-delà les
ambitions des héritiers du bongoïsme, il explore les méandres de
l'infrapolitique et les ressorts cachés du politique au Gabon qui
s'expriment notamment à travers la passion de la rumeur, le kongossa ,
les fétiches du pouvoir ou la mise en abîme des «5 S du Système».