La bastide des Oliviers

...Le marché se tenait sur la place principale, sous les platanes centenaires dont
les racines larges comme des lianes jaillissaient de terre. Quelques parasols protégeaient
les étals de fruits donnant une touche colorée et un air de vacances à
la placette. Chaque samedi, c'était le rendez-vous de tout le canton, ce marché
étant l'un des plus importants de la région. Elle amorça la légère pente au bas de
laquelle la vie fourmillait, saluant sur son passage les anciens dont le caractère
affirmé par les années faisait de chacun un personnage bien particulier.
- Ho ! bonjour petite, alors on est de retour ?
- Tè Vé, la Parisienne qui vient nous voir.
- Tu cherches ta grand-mère ? Elle est passée il n'y a pas deux minutes !
Epanouie, Angéla s'avançait vers le marché. Comme elle les aimait tous, comme
elle se sentait bien parmi eux ! Ici, elle était chez elle, les gens l'aimaient pour ce
qu'elle était, elle n'avait rien à leur prouver ; loin de la vie trépidante de la capitale
elle se sentait à l'abri dans son refuge provençal...
Professeur de philosophie, Angéla vit à Paris. Mais c'est aux Oliviers, la bastide
familiale varoise, que la jeune femme retrouve chaque année le bonheur d'une vie
simple et harmonieuse. Mathilde l'attend mais aussi le travail dans les vignes et un
nouveau venu Clément Lescurs...