La Belgique et la France : amitiés et rivalités

La Belgique et la France : amitiés et rivalités

La Belgique et la France : amitiés et rivalités
Éditeur: L'Harmattan
2010301 pagesISBN 9782296122840
Format: BrochéLangue : Français

Mus par leurs intérêts économiques, mais aussi par des considérations visant à

accroître la sécurité de leurs possessions territoriales, les rois de France pratiquèrent

avec persévérance, à travers les siècles, une politique annexionniste des territoires

belges. Elle se heurta à la résistance des populations de la Flandre, et provoqua

l'opposition des puissances, surtout de la Grande-Bretagne, laquelle n'admettait

guère que le port d'Anvers puisse tomber un jour sous l'obédience des autorités de

Paris. Consécutivement à la Révolution française qui souleva l'enthousiasme des

Liégeois, la Belgique fut annexée pendant une vingtaine d'années à la République

française, mais lors de son accession à l'indépendance, Louis-Philippe refusa la

couronne royale que les Belges auraient voulu offrir à son fils, le duc de Nemours :

le gouvernement de Londres y était opposé. La francisation du pays fut néanmoins

activement poursuivie : toute l'administration de l'État fut française, alors qu'en

Flandre même, la langue et la culture françaises restèrent prédominantes. On

soulignait volontiers, à Paris et à Bruxelles, qu'il n'existait pas au monde deux pays

qui fussent plus rapprochés que la Belgique et la France par la géographie, par

l'activité, par la parenté et par l'amitié. Elles ont pratiqué une politique commune

en matière de décolonisation et d'intégration européenne, mais les Belges ont

regretté que l'opposition française au transfert de souveraineté ait entraîné un

certain retard dans la construction de l'Europe.

Entre-temps, la prédominance française engendra la prise de conscience de

l'identité néerlandophone qui fut à l'origine d'un vaste mouvement de

flamandisation. Alors que l'économie wallonne perdait ses charbonnages et sa

sidérurgie, l'économie des Flandres s'engagea dans une vaste expansion, et peu à

peu les Flamands réclamèrent la réforme des structures fédérales adoptées en 1970

et l'accroissement substantiel des attributions communautaires au détriment de

l'Etat fédéral. Ira-t-on vers un confédéralisme ? L'impact politique du nord du pays

s'est considérablement accru : depuis 1979, tous les Premiers ministres de l'Etat

belge sont des Flamands. Certains nationalistes flamands prônent carrément la

dissolution de l'État belge et l'indépendance de la Flandre ; à quoi les extrémistes

wallons - très minoritaires - opposent l'idée d'un rattachement de la Wallonie à la

France. Capitale de l'Europe, Bruxelles, francophone, freine cet extrémisme et

plaide pour le maintien de l'État belge. Les autorités françaises ont plus d'une fois

assuré qu'elles n'avaient pas la moindre intention d'intervenir dans les affaires

politiques internes belges, mais on a noté ces dernières années une très forte

pénétration des intérêts économiques français en Belgique.

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