Michel Foucault et le christianisme

Des premiers rites baptismaux à la confession moderne, les références
au christianisme sont constantes dans l'oeuvre de Michel Foucault. Cette
constance s'inscrit dans un questionnement philosophique plus large
sur notre actualité : comprendre le rapport que nous avons aujourd'hui
à nous-mêmes demande de s'interroger sur les actes de vérité que
l'Occident a instaurés depuis les premiers siècles chrétiens. Que faut-il
dire et manifester de soi pour être transformé dans son être, pardonné,
sauvé, jugé ou guéri ? Ce livre propose une étude critique de l'ensemble
des lectures chrétiennes de Foucault, avec une attention particulière
portée au cours Du gouvernement des vivants (1979-1980). Ni chronologique
ni thématique, le parcours suivi espère retrouver la logique d'un travail à la
fois philosophique et historique : quand et comment le christianisme a-t-il
été constitué par Foucault en objet de recherche, avec quelles pratiques
de lecture et quelles conséquences sur l'interprétation ? Attentif aux mots
plus qu'aux choses, le philosophe repère les glissements sémantiques
successifs qui annoncent, entre le II<sup>e</sup> et le IV<sup>e</sup> siècle de notre ère, le passage
du monde antique à un univers inédit : celui de la perfection impossible et
des fidélités difficiles. Loin de l'image facile d'un christianisme ascétique
et intransigeant, Foucault définit l'originalité chrétienne comme la
reconnaissance et l'institution paradoxale d'un rapport précaire à la vérité.