Batailles sur la route

« C'est en s'oubliant qu'on parvient à être soi-même. »
Frédéric Dard
S'oublier. Totalement. Ses préjugés aussi. Surtout ceux qui empêchent l'humilité.
Un regard croisé avec cette femme. Peut-être déjà un sentiment. Une femme ? Plus vraiment, puisque l'honneur est bafoué. Son crâne rasé d'avoir aimé l'ennemi.
Alors oublier, oui, et recommencer différemment ; pour elle. Passer à autre chose, chercher refuge dans un travail difficile, éprouvant : la route.
La retrouver enfin, elle qui m'attend.
Mais retrouver aussi le plus terrible des secrets, de ceux qui rongent une éternité, assombrissent vos jours, dévorent] vos nuits, parce qu'il vit à vos côtés, indissociable et omniprésent.
Pourtant, j'ai pris le parti d'oublier.
Saint-Chef en Dauphiné, où repose Frédéric Dard, rebaptisé ici Saint-Theudère, sert de cadre à ce roman. C'est là qu'Hélène, soeur du milicien Petit Louis, dont l'auteur nous raconte l'exécution sommaire de façon si poignante, trouve refuge auprès du narrateur, un jeune résistant lyonnais. Celui-ci s'éprend de cette victime de l'épuration qu'il aimerait pouvoir soustraire définitivement à l'ardeur vengeresse des FFI.