Pierre Clerget (1875-1943) : un motoriste de génie

Dès son plus jeune âge la mécanique dirigera ses pas... L'enfant
provincial découvre à 14 ans, à l'occasion de l'Exposition Universelle
de 1889 à Paris, le moteur à essence de pétrole de Gottlieb
Daimler.
Quelques années plus tard, il reçoit dans son atelier de Dijon la
visite de Rudolf Diesel qui assiste à un essai de moteur. Il prendra
son essor en même temps que l'aviation prenait son envol en
1908 - 1910 grâce au président cofondateur de l'Aéro-club de France,
l'Américain Ernest Archdeacon.
Un stand P. Clerget participa à la deuxième exposition de locomotion
aérienne et de navigation automobile de Paris tenue au
Grand Palais en octobre 1910 et à Londres au quatrième salon de
Grande-Bretagne en février 1913 !
Fournisseur de l'armée dès 1912, plus de vingt mille exemplaires
du moteur 9 B seront produits entre 1915 et 1918. Malgré
ce succès, l'entreprise Clerget-Blin ne survivra pas à l'arrêt complet
du développement de l'aviation militaire
dans les années d'après-guerre.
Pierre Clerget, redevenu simple ingénieur-chercheur
au sein du STAé,
mettra au point le premier moteur
d'avion Diesel du monde et ne cessera
jamais de créer. Il sera nommé
membre de l'Institute of the Aeronautical
Science of New York en 1933. Son moteur 14 F2 monté sur un
Potez 25 établira le 4 octobre 1934, puis le 6 décembre 1937, le
record mondial d'altitude pour moteur à huile lourde.
Or, à l'époque, la France préféra investir massivement dans
d'autres domaines que l'aviation et la motorisation : une opportunité
gâchée alors que l'on disposait des hommes compétents qui
auraient grandement contribué à éviter le désastre de 1940.