Arthur Rimbaud ou La marche au soleil. La Rimb

Arthur Rimbaud ou la Marche au soleil
À nous deux, Jean Arthur Rimbaud
J'avais dix-neuf ans. C'était dans un collège de Saint-Malo. Un ami m'avait donné le livre de tes oeuvres. Et je lus, en cachette, sous l'oeil bigleux d'un pion idiot, les poèmes, la Saison en Enfer , les Illuminations , tout. Et je fus comme foudroyé...
Je marcherai avec toi dans le soleil. Au Harar, avec les caravanes. Dans le désert somali. Et sur les boutres de la mer Rouge, vers Aden. Il y a l'or et le musc, les fusils et les cotonnades. Et le signe sublime et divin des minarets sur la poussière des villes...
Arthur, s'il te plaît, redis donc à ce monde glacial les brûlures du Choa, et les morsures de la douleur intérieure, là, profonde et quotidienne, ô notre compagne... l'imparable liberté de Dieu et l'auberge dans l'oasis où l'imam est un prophète et le chamelier un prince.
À nous deux Jean Arthur Rimbaud, et que le vent des royaumes se lève et nous caresse !