Chemins perdus

Maurice Bonnet réunit ici l'intégralité de son oeuvre poétique, dont la
qualité d'écriture et l'ironie charment d'emblée par l'humour, l'insolence
et l'élégance du style.
Tout écrivain finit par apprendre qu'on ne peut jamais aller que de soi
à soi, quels que soient les chemins qu'on emprunte. Et en poésie,
l'évidence en est éclatante : pour le poète, les chemins perdus constituent
l'itinéraire le plus sûr pour se retrouver. C'est ce que pense Maurice
Bonnet qui a toujours écrit pour lui-même et un petit cercle d'amis
depuis ses années de jeunesse, des chroniques, des nouvelles, des essais.
Poète ? Ce livre prouve qu'il l'est, mais il considère ne s'y être consacré
que par accès. Parfois, après de longs silences, la poésie s'empare de lui, le
submerge irrésistiblement et il ne peut que lui céder car la Muse est
impérieuse. Il s'emploie à la satisfaire, entrant, c'est selon, dans la
confidence ou le délire. Toute une vie de secrets à demi dévoilés et
d'aveux plus ou moins déguisés au service d'une intime vérité.
Le premier livre des Chemins perdus et le suivant des Chemins retrouvés
couvrent plusieurs décennies. Le Livre de Paul est un parcours initiatique.
Juvenis erotica est pour l'essentiel composé de poèmes d'une jeunesse
inspirée de chair et de sang. Enfin, l' Ode à ma ville est l'hommage d'un
vieil exilé à sa ville natale, telle qu'elle apparaît toujours en sa mémoire
malgré de grands changements. Pour Mon petit testament , c'est un
hommage à François Villon, poète préféré de l'auteur qui, pour finir,
chante l'oubli dans une ballade émouvante.
Aujourd'hui, il semble bien que la plupart des Français prennent la
fuite au seul mot de poésie. Quel dommage ! Qu'on ouvre seulement ce
livre, on y trouvera d'aimables ou de troublants échos.