Bruges, Paris, Rome : Joseph Benoît Suvée et le néoclassicisme

À leur époque, Van Eyck, Rembrandt, Rubens, Van Dyck et Vermeer étaient perçus comme des
artistes modernes. Trop souvent, nous oublions qu'un jour, l'art ancien a été révolutionnaire. Cela
vaut également pour les peintres brugeois néoclassiques des années 1760 - 1830. Ceux-ci firent
fureur à l'étranger et renouaient avec l'art de l'Antiquité sans renier la tradition artistique flamande.
L'instigateur de ce succès international était Joseph Benoît Suvée qui, à l'issue de ses études à
l'Académie des Beaux-Arts de Bruges, se perfectionna à Paris et ensuite à Rome, remporta le
prestigieux Prix de Rome et fut finalement nommé directeur de l'Académie de France à Rome.
Suvée a le double mérite d'avoir introduit le néoclassicisme en Flandre et d'avoir encouragé ses
élèves et ses collègues de l'époque à déployer leurs ailes en France et en Italie. Grâce à lui et
à leur talent, ils eurent tous l'honneur de fréquenter David, Ingres et Girodet-Trioson. Certains
élèves de Suvée travaillèrent même pour Napoléon et le roi de Hollande, Guillaume I<sup>er</sup>. Avec leurs
tableaux historiques surprenants, leurs splendides portraits et leurs carrières impressionnantes,
Suvée, Ducq, Odevaere et Kinsoen sont des représentants majeurs de l'art des années 1800.
Bruges - Paris - Rome. Joseph Benoît Suvée et le néoclassicisme paraît à l'occasion de l'exposition
du même nom qui se tient à Bruges et à Enschede. Cet ouvrage nous fait découvrir pour la
première fois de façon cohérente la vie et l'oeuvre des peintres brugeois des années 1760 - 1830.
Leurs nombreux contacts avec des artistes, amateurs d'art et mécènes, en France, en Italie et
aux Pays-Bas confèrent à cet ouvrage une dimension internationale qui le rend d'autant plus
passionnant.