Etudes, n° 404-5

Il faut faire son deuil d'une Europe où tous les
pays membres avanceraient d'un même
pas, partageraient les mêmes institutions
et les mêmes projets. Cette conversion
n'est pas simple. Car, dans l'esprit
des fondateurs, l'idée d'une fédération
orientait vers un système où tous les
membres seraient égaux et partageraient
les mêmes droits et devoirs. Mais la fin
d'un modèle d'une Europe partagée par
tous de la même manière ne signifie pas
celle de la dynamique européenne. Elle
marque l'entrée dans un modèle plus
complexe, fait d'initiatives et d'attentes,
où la solidarité n'est pas absente. Pour
mettre en route cette dynamique d'une
Europe à géométrie variable, il faut
commencer par se réformer soi-même.
Car on ne fera pas des avant-gardes avec
une somme de pays qui sont en difficulté,
qui ne se réforment pas, qui
traînent des dettes publiques insensées
et qui ne peuvent que très difficilement
suivre les critères qu'ils ont fixés
ensemble pour gérer leur économie.
Chaque Etat doit donc commencer à
balayer devant sa porte. Inutile de se
plaindre d'une Europe faible si les Etats
font tout pour l'affaiblir.