A l'ombre des pêchers en fleurs

Dans les années 1650, un lettré du Zhejiang
qui s'était acquis quelque notoriété en
rédigeant des Vies de femmes illustres , se
lança, à la demande de son éditeur, dans la
littérature licencieuse. A l'ombre des pêchers
en fleur , «écrit en une dizaine de jours de
pluie», conte l'histoire d'un jeune étudiant
volant de succès en succès - aux examens
mandarinaux comme auprès de la gent
féminine. Le plus grand attrait de ce roman
frais et enlevé, outre la peinture satirique des
embûches - envie, cupidité et malfaisance -
guettant tout candidat à la carrière
mandarinale, est qu'il se fait le chantre de ces
femmes aux âmes passionnées, sensuelles, qui
ne trichent pas et aiment à en mourir. Veuves,
nonnes, épouses délaissées, servantes futées,
jeunes filles recluses... notre galant les séduit
toutes, mais contrairement à Don Juan, il n'en
abandonne aucune, s'arrange pour les
satisfaire et les emmènera avec lui au paradis
des immortels. Ce roman qui bafoue morale et
convenances ne connaît qu'une loi, celle de la
fiction, où talent et beauté conduisent au
bonheur.