Les racines de la liberté : le débat français oublié, 1689-1789

D'où vient le «modèle français» ? Et si cette synthèse
aujourd'hui controversée entre libéralisme et républicanisme
puisait ses racines lointaines dans un vieux combat
oublié à propos de la liberté des Germains ? L'«antique
constitution», fondée au V<sup>e</sup> siècle par les guerriers de
Clovis statuant ensemble sur les affaires communes, serait
la preuve d'une «liberté perdue» qu'il faudrait restaurer.
Cette référence germanique a déjà inspiré la Glorieuse
Révolution anglaise ; mais en France, l'affaire prend une
autre tournure, déclenchant la première «guerre de
mémoire» de notre histoire.
Jacques de Saint Victor montre que les «libertés»
germaniques vont se diffuser largement à partir de 1750,
notamment via Montesquieu. Ce discours devient le
moyen de sortir de la fameuse «schizophrénie» culturelle
de l'Ancien Régime entre exaltation pédagogique des
Républiques antiques et soumission à la tradition monarchique.
Nourrissant le premier débat «national», il trouve
sa consécration en 1788, quand les libertés germaniques
deviennent «le patrimoine mythique de la nation tout
entière», et précipite la convocation des états généraux.
La Révolution en décidera autrement. Ce livre permet
de mieux comprendre le contenu d'une expression
galvaudée : l'exception française.