Seule dans ma peau d'âne

D'abord il y eut un roi.
D'abord il y eut une reine.
Il y eut de l'amour.
Et bien vite une enfant.
Au matin même de la
naissance de l'enfant, on la
porta à l'ânesse qui tant de
fois avait donné de son lait.
(Car c'est ainsi, disait-on,
que naissent les enfants.)
Et l'on découvrit qu'elle aussi
avait porté un ânon.
On posa l'enfant contre
l'ânon et ils s'endormirent
dans la chaleur de l'ânesse.
On leur souhaita longue vie
et on rit.
On les déclara jumeaux et on
rit encore.
Ce fut jour de grâce, de fête
et de liesse.
D'autres jours lumineux
vinrent encore.
La Reine devint une mère.
L'Infante devint une fille.
Elles grandirent.
Il y a un roi, une reine, de l'amour et
une enfant. Mais l'histoire dit qu'aucun
bonheur n'est parfait.
La reine, un jour, disparaît. Les sujets
exigent que le roi se remarie et, sur la
question de l'amour, il dérape,
demandant sa fille en mariage.
Pour y échapper la princesse lance à
son père quatre défis qu'il relèvera
tous. Elle n'aura plus qu'à s'enfuir au
fond du bois, cachée sous une peau
d'âne.
Une peau dans laquelle elle entre belle
enfant, sous laquelle elle deviendra
solitaire et crasseuse, et dont elle
sortira forte et lumineuse...
Une très belle adaptation du conte de
Perrault, suivie d'une nouvelle version
plus classique du texte original.