Bruxelles sentimental

Redevenir étranger dans sa propre ville...
A l'étranger, ou même dans son pays, le voyageur
découvre une ville nouvelle comme si elle était en attente
de sa visite, bâtie rien que pour lui. Les habitants de cette
même ville ne reçoivent plus cette image neuve et unique.
Son originalité se dilue à l'usure du temps. Entre le passé
historique d'une cité, son présent ou son futur, c'est le promeneur
égardé qui perçoit le mieux ce miroir de la ville.
Celui qui veut redécouvrir Bruxelles au-delà des apparences
devra tenir compte de tous ces éléments : que ce
soit l'ambiance des terrasses de cafés, l'éventuelle résurrection
des anciens canaux ou l'étrange rue d'Une
Personne émergeant d'une utopie. On oserait à peine parler
encore de la Grand-Place, mais, par le détail et en
regardant bien, elle possède une histoire singulière. Il en
est de même de la Basilique, du café La Mort Subite , de la
place Royale ou de la Petite rue des Bouchers, autant que
des marchands de marrons, des aubettes à journaux ou de
la ville nouvelle. Tout repose sur la qualité du regard. Pour
caresser la peau et l'âme de Bruxelles, peu de chiffres, parfois
une date, jamais de clichés.
Aujourd'hui, il faut oser aimer Bruxelles, le dire ou le
contredire.
Le regard posé par Didier Van der Noot sur Bruxelles
nous est restitué par de magiques séquences perçues le
jour ou la nuit. Le sens caché et les secrets du lieu prennent
corps dans les mots et se prolongent alors en une
série de mystérieux pastels. Là aussi s'expriment, par
l'éclatement de la couleur, toute la sentimentalité et les
caractères propres à la ville.