Hideo Gosha : cinéaste sans maître

Hideo Gosha (1929-1992)
Celui qui fut surnommé au Japon « Gosha Jet de Sang », « le génie controversé », ou encore « l'hérétique » demeure l'un des réalisateurs les plus méconnus et mésestimés de ce grand pays de cinéma. Sans doute en raison d'une mauvaise réputation, d'une mauvaise image publique qui ne l'aura toutefois pas empêché de devenir, à sa manière et sur le tard, un grand cinéaste officiel, nommé à l'Oscar du meilleur film étranger en 1982 pour le film Dans l'ombre du loup , éclatant succès commercial au Japon.
Grand spécialiste du chambara (cinéma-sabre), du yakuza eiga (film de yakuza) et du « kuruwa monogatari » (histoires de prostituées), Gosha reste dans les faits l'un des très rares réalisateurs nippons à avoir su marier avec succès des univers antinomiques, pour faire se rejoindre en quelque sorte le goût de l'action d'Akira Kurosawa et le lyrisme féminin de Kenji Mizoguchi... On lui doit dans l'absolu des films aussi incontournables que Goyôkin , loué par le cinéaste français Christophe Gans pour « sa valeur considérable », Hitokiri , sans doute le plus grand chambara jamais réalisé, mais aussi Chasseurs des ténèbres, La Proie de l'homme et Portrait d'un criminel .
Cette première monographie vous propose de faire connaissance avec Hideo Gosha d'une manière intime, à travers sa vie et son art. Vous découvrirez non seulement comment il réussit à vaincre le boycott de la télévision par un septième art très élitiste, mais aussi à gravir les échelons de cet univers strictement hiérarchisé, inféodé à une forme de tradition, pour essayer de devenir ce que, fondamentalement, il ambitionnait d'être, aux côtés d'illustres contemporains : un « maître » de ce grand cinéma japonais que nous aimons tant...