L'image à la fin du Moyen Age

L'image à la fin du Moyen Age

L'image à la fin du Moyen Age
Éditeur: Cerf
2011464 pagesISBN 9782204090926
Format: ReliéLangue : Français

Le présent volume termine la grande synthèse de Jean Wirth sur l'image

médiévale, commencée en 1999 avec L'Image à l'époque romane , suivie en

2008 par L'Image à l'époque gothique. Il couvre l'évolution de l'image

depuis la fin du XIII<sup>e</sup> siècle jusqu'à l'iconoclasme de la Réforme. Le point de

départ en est donné par la révolution giottesque de la construction picturale :

un intérêt croissant pour la représentation des apparences sensibles débouche

en effet, chez Giotto et ses contemporains, sur l'invention d'une perspective

non mesurée qui se diffuse dans toute l'Europe occidentale et bouleverse les

structures narratives, tandis que se met en place le portrait au sens moderne

du mot, c'est-à-dire la représentation des traits physiques particuliers d'un

personnage. Bien que les gains d'expressivité de l'image se traduisent par un

«réalisme», au sens vulgaire du mot, ils visent à rendre le surnaturel palpable

et sont mis au service d'une dévotion bigarrée, mêlant les apparitions

au quotidien, l'exhibition des richesses aux prouesses d'ascétisme, le puritanisme

à l'érotisation des saints. Le système iconographique pousse à

l'extrême les polarités préexistantes. La Vierge, reine des cieux et symbole

de l'Église, est devenue une quasi-déesse, éternellement jeune, et le Christ,

sanglant et asexué, un étrange objet de désir et de compassion. Les images

se diversifient en faisant une place croissante aux saints, protecteurs des

communautés et des individus, tandis que l'iconographie des pouvoirs séculiers

commence à prendre ses distances avec le symbolisme religieux. Mais

l'illusionnisme croissant des images est devenu source de méfiance, l'extravagance

et la vénalité de leur culte inquiétant toujours davantage. Face aux

critiques, les peintres flamands et florentins du XV<sup>e</sup> siècle promeuvent un art

sévère et digne, en harmonie avec une dévotion disciplinée. En Allemagne,

où ces efforts n'ont pas abouti, les oeuvres d'art qui remplissent les églises

sont perçues comme les idoles et le faire-valoir d'un clergé détesté, de sorte

que leur destruction accompagne son abolition par la Réforme. Ce n'est pas

la fin du règne des images, bien au contraire, mais, à partir de ce moment,

l'image cesse d'être en soi un phénomène artistique et son étude relève de

moins en moins de l'histoire de l'art.

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