Jean, le disciple adolescent : lecture matérialiste des 35 blocs rédactionnels du IVe Evangile

L'évangile de Jean demeure un défi incontournable, parce que c'est
là que se trouvent les fondements des thèmes qui font le coeur du
christianisme. Si le problème de l'historicité du Johannisme n'est
pas résolu, toutes les formes dégradées du christianisme sont
admissibles jusqu'à un vague déisme historique.
Depuis 175 ans cependant, des exégètes allemands réformés, puis depuis
une dizaine d'années, des théologiens de Genève et Lausanne, ont fait
redécouvrir l'importance d'un chaînon manquant de la construction des
évangiles, la Source Q des paroles de Jésus, premier écrit sorti des traditions
orales. Rédigé pour des prédicateurs itinérants des premières communautés
chrétiennes, ce texte est tiré de quelques 285 versets identiques ou presque
identiques, des évangiles de Mathieu et Luc. Il en est à l'origine certaine.
La Source Q des paroles de Jésus, et peut-être aussi, l'évangile de Marc,
premiers textes assemblés, sont cependant vite apparus lacunaires et
insuffisants ; les premières communautés chrétiennes réclamant rapidement
des rédactions complémentaires. Ce fut fait à partir de différents points
de rédaction. On peut construire l'hypothèse que Jean était l'un d'eux.
D'ailleurs quelques versets de la Source Q sont déjà fortement marqués de
johannisme.
Le quatrième évangile pourrait être considéré comme faisant partie de cette
première vague de compléments tendant à mettre par écrit des témoignages
et des traditions orales, bien que les présentations postérieures, lors de la
mise en place du canon des évangiles, au IIIe siècle aient longtemps imposé
l'idée qu'il avait été composé en dernier et plus tardivement.
De nombreux éléments permettent de faire cette hypothèse, comme le
présente cet ouvrage.