La Cour des monnaies de Lyon & la circulation des métaux précieux dans la France du Sud-Est sous les règnes de Louis XIV et Louis XV

À l'aube du règne absolu de Louis XIV, Lyon reste
une ville frontière sans rôle politique ni parlement,
et entièrement dans la main des Villeroy, très proches du
souverain. Son poids économique et financier est cependant
considérable, avec des relations très étendues avec
les marchés intérieurs et étrangers. Son industrie textile et
les métiers qui gravitent autour, notamment les tireurs
d'or, en font une grosse consommatrice d'or et d'argent,
importés de l'étranger pour alimenter les Monnaies royales
et fabriquer des espèces en un temps où l'on considère
l'abondance monétaire comme une source de prospérité.
Or, les métaux précieux se faisant rares, Lyon donne la
préférence à son économie au détriment des ateliers
monétaires. Enfin, la désastreuse politique financière de
Louis XIV, marquée par des manipulations incessantes
pendant plus de trente ans sur la valeur des monnaies, va
favoriser la fraude dans une grande partie du royaume,
particulièrement dans le sud de la France et les pays limitrophes.
Lyon par son rayonnement international sera à la
tête de ce trafic, provoquant la colère royale et des complications
politiques et diplomatiques au plus haut niveau
tant les personnages compromis sont de haut rang.
La création de la Cour des monnaies en 1704 révélera
l'étendue et la gravité de cette fraude dont l'éradication
sera confiée à Nicolas Foy de Saint Maurice.
Puis la Cour des monnaies de Lyon perdit ce rôle, servit
même la politique de Louis XV, et permit le développement
d'une classe aristocratique dans la ville à côté de
ses élites marchandes.