La représentation de l'espace dans l'Enéide VI de Virgile

Sujet particulièrement d'actualité ces dix dernières années, la thématique de
l'espace infernal dans toutes ses dimensions, mieux, la question de la place et de
la dimension spatiale infernale dans l'Antiquité, en particulier dans la littérature
latine, voilà ce qui a le plus préoccupé l'auteur de cet ouvrage consacré au
sixième chant de l' Énéide de Virgile. Pour y parvenir, il a méticuleusement suivi
Énée dans son triple voyage : le voyage géographique, le voyage intérieur, et le
voyage eschatologique post mortem. Le premier correspond à l'espace réaliste
de Cumes, le deuxième à l'espace intérieur obscur des Enfers, et le troisième
à l'espace lumineux habité par les âmes bienheureuses comme Anchise.
Au-delà de la question narratologique que l'auteur a posée dans la première
partie de son étude en vue de cerner comment l'espace des Enfers est narré,
l'étude s'articule autour de la correspondance entre le héros de l' Énéide et le
regard omniscient de Virgile dont il est porteur. Son axe central est l'espace
imaginaire dans lequel Énée se déplace avant et pendant sa descente aux Enfers ;
un espace dominé, entre autres, par l' antrum , les silvae , l'eau, et les campi.
Tous ces éléments naturels, caractérisés par une diversité de couleurs dominées
par le vert, le noir, et le blanc, en même temps qu'ils constituent la manière
dont Virgile a imaginé la géographie infernale, sont porteurs de symboles qui
donnent un sens au voyage vertical d'Énée dans les Enfers.
En somme, tout en apportant un éclairage dans la compréhension du
chant VI de l' Énéide , cette étude vient, pour ainsi dire, réactiver les notions
fondamentales de mythe, d'épopée et de héros épique, qui se trouvent au coeur
même de la pensée, mieux, de la philosophie antique, qui accorde une place
importante à l'au-delà, et donc à la mort.